Utopiades 2012 – Le décalage, le paradoxe et l’hybris

A ne pas manquer le 30 mars prochain, organisé par le CAUE de Maine et Loire le colloque « Utopiades 2012« 

Programmation urbaine et projets métropolitains autour de la ligne A du tramway angevin

Ces ”utopiades” s’inscrivent dans le cadre d’une unité d’enseignement de projet urbain et territorial (master 1 et 2 de l’ENSA Nantes) intitulée « Utopies métropolitaines ». S’appuyant cette année sur un partenariat avec le CAUE 49 et les deux aménageurs que sont la SARA et la SODEMEL pour les ZAC du secteur nord de l’agglomération angevine, l’enjeu pragmatique est de produire un ensemble d’utopies réalistes – à bref, moyen et long terme – sur des territoires attachés à l’ouverture toute récente de la première ligne de tramway.

L’enjeu pédagogique de cet enseignement est de faire monter simultanément programmes et projets à trois échelles qui seront successivement abordées :
1. Celle de la métropole (dont la ligne de tram donne une première mesure),
2. Celle d’un territoire urbain ou péri-urbain en mutation, en projet ou en chantier (un espace d’influence autour d’une station de la ligne),
3. Celle de l’architecture (un bâtiment et un espace public inscrits dans ce territoire).

Nouvelles mobilités, densifications urbaines, naturations actives sont les thèmes de référence principaux.

Trois règles du jeu sont proposées.
A chaque échelle, le projet dessiné doit être motivé par une « utopie programmatique ».
Le programme doit être « hybride » (mêler des dimensions hétérogènes).
L’utopie doit être « réaliste » !

Public
Organisée par l’école d’architecture de Nantes et le CAUE 49, cette journée est ouverte, outre un groupe de 30 étudiants, à tous les acteurs du territoire concerné, aux chercheurs ou enseignants de l’école et à toute personne extérieure intéressée.

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Programme

9h45 > Introduction Pascal Amphoux

10h00 > Utopiade 1. TCSP. Tramer, Cheminer, Situer, Penser
Exposé I : Alain Charre. philosophe, historien de la ville et de l’architecture : Les vertus du voyage
Exposé II : Luca Merlini. architecte praticien, oulipien : Quelle est la différence entre une ligne de tram et un trait de crayon ?
Débat animé par les groupes d’étudiants
Répondant : Philippe LEGUERN, professeur de sociologie de la culture, Universitéde Nantes, CRAL EHESS

11h20 > Utopiade 2. Agricultures urbaines et nouvelles mobilités
Exposé III : Xavier Dousson. architecte, chercheur, collectif Bazar Urbain : La Ferme du bonheur de Roger des Prés et les fermes verticales
Exposé IV. Damien Masson. Urbaniste, chercheur, artiste, collectif Pied la Biche  : Utopies traversières
Débat animé par les groupes d’étudiants
Répondant : Emanuelle Quiniou, directrice Agence d’Urbanisme région angevine (sous réserve)

14h30 > Utopiade 3. Le partage des représentations Exposé V. Laure Gayet. DEDALE | culture, technologies et innovation sociale : L’Urbanisme tactique ou La ville aux citoyens créatifs Exposé Michael Moradiellos, architecte, Lateral Thinking Factory, Bruxelles  : La ville partagée Débat animé par les groupes d’étudiants Répondant (sous réserve)

15h30 > Ateliers de programmation : 3 ateliers parallèles
consacrés à la production, écrite et dessinée, des programmes hybrides imaginés par les 3 fois 2 protagonistes, avec l’assistance et la complicité d’un groupe d’étudiants, chargés d’initier le débat, et de deux enseignants ou chercheurs, témoins et rapporteurs de l’atelier.
Une forme de match d’improvisation consistant à mettre en association ou en ”concourance” intervenants, étudiants et enseignants pour imaginer et produire des utopies programmatiques, proches ou distantes des projets en cours.

17h > Utopiade 4. L’utopie du réel : Séance plénière finale.
Présentation des utopies de 1er niveau par les rapporteurs de chaque groupe

17h30 > Atelier et Table ronde finale.
Énonciation des utopies de 2nd niveau par les intervenants. Conclusion.

18h > Clôture


Arguments des exposés

1
TCSP
Tramer, Cheminer, Situer, Penser
Alain Charre, philosophe Les vertus du voyage
L’utopie, c’est nous. C’est celle que nous portons et emportons partout. Elle nous porte. Elle évolue au rythme d’un monde de plus en plus instable, aux marques les plus diversifiées. La coexistence des paysages urbains plus ou moins densifiés tout au long de nos trajets quotidiens peut-elle nous rendre à la promenade ? Ou comment les vertus poétiques de la promenade, sans but autre qu’elle-même, peuvent-elles permettre une réappropriation des grands et petits évènements dont l’échelle s’enracine dans l’espace mental individuel et collectif ? Le voyage touristique tient du leurre, les trajets professionnels peuvent devenir lénifiants. Seule l’utopie qui nous habite peut les réinventer et nous rajeunir jusqu’à nous démontrer que la promenade et la vie sont le miroir l’une de l’autre. Luca Merlini. architecte oulipien praticien
Quelle est la différence entre une ligne de tram et un trait de crayon ?
On parle souvent de tram en site propre : y a-t-il donc des trams en site sale ? _ On parle de la ville d’Angers en particulier ou de la ville-danger en général ? « Chi parla male, pensa male, vive male » (qui parle mal, pense mal, vit mal) s’exclame, horrifié, Nanni Moretti dans « Palombella rossa » en entendant une journaliste utiliser le terme « trend » (défini par le dictionnaire comme une tendance fondamentale ou un mouvement de longue durée qui caractérise l’évolution d’un phénomène économique, abstraction faite des fluctuations éphémères). Petit dialogue entre des mots dessinés et des traits parlants en attendant le passage du tram…

2
Agricultures urbaines
et Nouvelles mobilités
Xavier Dousson. architecte chercheur LACTH
La Ferme du bonheur de Roger des Prés et les fermes verticales
Deux situations témoins d’un renouveau des liens entre agriculture et métropole ?
Après un rappel sommaire des enjeux contemporains de l’agriculture, nous interrogerons le renouveau des liens entre agriculture et métropole au travers de l’étude de deux situations singulières : la Ferme du Bonheur de l’artiste « agriculteur de spectacles » Roger des Prés, située en lisière du campus de l’Université de Nanterre et l’invention typologique des fermes verticales (Dickson Despommier, MVRDV, SOA, LUA, etc.). Entre valorisation des délaissés et prospective technique, entre production (agri)culturelle et rapport à l’alimentation, nous verrons que ces deux situations portent en elles des potentiels stimulants pour penser la ville aujourd’hui. Damien Masson. Urbaniste, chercheur, artiste Utopies traversières
Les sédentaires habitants des villes sont aussi des nomades des transports qui relient jour après jour, domicile, travail, école, courses etc. Dans une perspective statique et statistique, les mouvements sont « dé-placements », les trajets se limitent à des « origines–destinations », et le temps ne peut être déclaré que perdu ; finalement, les trajectoires quotidiennes y sont essentiellement a-topiques. Mais qu’en est-il du potentiel utopique des traversées urbaines ordinaires ?
À partir d’un corpus d’expériences de trajets urbains ordinaires et d’une observation de quelques cinématographies et vidéographies sur le même temps, nous essaierons d’ouvrir quelques pistes de réflexion.

3
Le partage des représentations
Laure Gayet. Curatrice Smarticity. DEDALE | culture, technologies et innovation sociale
L’Urbanisme tactique ou La ville aux citoyens créatifs _ A partir d’exemples de projets et de méthodologies d’intervention, l’exposé vise à présenter des modes émergents de conception de la ville développés en lien ou à l’initiative des habitants. Acteurs actifs du renouvellement des pratiques en urbanisme, le rôle des créatifs (artistes, designers, opérateurs culturels…) sera particulièrement étudié.
« Urbanisme tactique », « événementialisation » et « appropriation de l’espace urbain par les usagers », « urbanisme modulaire et expérimental »… sont autant de notions auxquelles il sera fait référence. Michael Moradiellos, architecte, Lateral Thinking Factory, Bruxelles La ville partagée
Argument : Lateral Thinking Factory met en avant l’approche Place Making, par laquelle la création d’une communauté locale forte composée d’acteurs impliqués dans la construction collective d’espaces publics s’érige en termes de garantie de qualité de ces espaces, favorisant l’intégration de nouveaux projets urbains au sein de leur contexte. Les nouvelles technologies numériques viennent enrichir les processus de construction de communautés et ouvrent des perspectives intéressantes en termes de dynamiques participatives, grâce à leur capacité à intégrer dans le processus de conception de nouveaux acteurs, les internautes et membres des réseaux sociaux.

Source : CAUE 49

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